Aller au contenu principal
✨ Créez des activités en moins de 2 minutes grâce à la nouvelle méthodologie d'Écrivor !

Apprendre le numérique avec Écrivor

Le numérique est présent dans tous les programmes, mais on a rarement le temps d'y consacrer un cours. Voici comment Écrivor a été pensé pour que les élèves apprennent à utiliser un ordinateur - et à utiliser l'IA - en écrivant.

L'équipe d'Écrivor
L'équipe d'Écrivor
26 mai 2026
5 min de lecture
Apprendre le numérique avec Écrivor

La question du numérique est abordée dans tous les programmes et toutes les matières. C'est un attendu officiel et un objet d'apprentissage. C'est aussi une compétence très hétérogène, et un marqueur social important : en 6ᵉ, certains élèves ont l'habitude de manipuler un clavier, de faire des recherches sur internet ou avec une IA ; d'autres n'ont jamais touché un ordinateur, ne savent pas faire une majuscule ou utiliser des onglets.

Pourtant le numérique est essentiel et de plus en plus présent dans nos vies - que ce soit pour choisir ses études, payer ses impôts ou trouver une information importante. Lorsque nous avons lancé Écrivor, il nous a vite semblé nécessaire de pouvoir aussi former les élèves au numérique et à l'IA.

Voici ce que nous avons fait.

Former à l'IA

Loin de la toute-puissance qu'on lui prête parfois, l'IA - et en particulier les Large Language Models - n'est pas infaillible, surtout sur des problématiques pédagogiques ou de langue (nous y revenons en détail dans Les limites des LLMs).

Pour aider les élèves à en prendre conscience, chaque retour Améliorer s'ouvre par un rappel explicite - une appréciation générale obligatoire :

« Attention, je suis un robot, je peux dire n'importe quoi. À toi de décider si mes retours sont bons ou pas. »

Cela permet donc aux élèves de prendre pleinement conscience que les IA peuvent se tromper et les mène donc à poser des questions plus précises à l'enseignant, notamment lorsqu'ils ne sont pas d'accord.

Pas d'aller-retour avec l'IA

Les principales études produites sur l'IA en éducation montrent que l'utiliser pour aller plus vite donne souvent une illusion d'apprentissage, sans développer de véritables compétences (Bastani et al., 2025 ; MIT Media Lab, 2025). Le facteur principal semble être la délégation de la décision finale à l'IA : à force de la laisser trancher, on cesse d'apprendre.

Pour cette raison, nous avons décidé de ne pas mettre d'aller-retour entre l'élève et l'IA. Les retours sont produits ponctuellement, à un moment donné du travail - comme un enseignant le ferait sur une copie. C'est ensuite à l'élève de décider si ces retours lui parlent, et de modifier son texte en conséquence.

Nous avons parfois des retours d'élèves surpris de ne pas être davantage pris par la main : ils aimeraient savoir, après chaque modification, si elle était « la bonne ». C'est l'une des grandes difficultés de la pédagogie de l'écriture : il n'y a pas de bonne réponse. Il n'y a que des trajectoires, des progrès, des élèves qui prennent un texte, se l'approprient et essaient - à travers leurs mots, leurs phrases, leurs idées - de produire un argumentaire, de décrire quelque chose, ou de provoquer une émotion.

Pas de correction automatique

Écrivor ne corrige pas. La correction automatique d'une production scolaire entre dans la catégorie des usages à haut risque définis par le règlement européen sur l'IA, qui impose une transparence forte et la possibilité d'intervenir sur toute décision automatisée. Les IAG étant des boîtes noires, il n'est évidemment pas possible d'expliquer de façon fiable leur raisonnement. La partie Corriger signale à l'élève des mots à reprendre, mais ne lui donne jamais la bonne réponse. Lorsque l'élève trouve, le mot devient vert, ce qui permet une rétroaction immédiate.

Pas de dialogue avec l'IA

Écrivor n'est pas un chatbot. C'est une interface qui propose des retours sur-mesure et personnalisés mais définis par l'enseignant. Ces retours sont produits sur la version en cours du texte, comme le ferait un enseignant sur une copie. Il n'y a pas d'aller-retour entre l'élève et l'IA.

Nous avons fait ce choix pour deux raisons :

  • Tout d'abord, cela nous permet d'être conformes au cadre d'usage de l'IA en éducation publié par la DNE, qui encadre strictement l'usage des agents conversationnels au cycle 3.
  • Ensuite, cela pousse l'élève à lire les retours et à décider par lui-même de la pertinence de ses modifications. Si cela peut parfois surprendre les élèves qui souhaiteraient être plus guidés, c'est pour nous essentiel afin de véritablement construire des compétences essentielles.

Une aide clavier pour les caractères spéciaux

De nombreux élèves n'ont pas l'habitude d'utiliser un clavier. Les règles typographiques spécifiques du français sont, par ailleurs, assez complexes, avec une multitude de lettres accentuées, de guillemets ou de signes typographiques.

L'aide clavier permet ainsi aux élèves de s'approprier le clavier et de se familiariser avec les différents raccourcis. L'élève choisit un caractère ; l'aide clavier lui indique précisément les touches sur lesquelles appuyer. Lorsqu'il appuie sur la bonne touche, elle devient verte. Lorsqu'il a fait la bonne combinaison, le caractère apparaît.

Un traitement de texte volontairement simplifié

Nous avons donc fait le choix d'un traitement de texte simplifié pour limiter au maximum la complexité d'Écrivor. L'élève peut mettre en gras, en italique, ajouter des titres, aligner son texte (droite, centré, gauche) ou revenir en arrière.

Barre d'outils simplifiée du traitement de texte Écrivor

Certaines fonctionnalités sont un peu plus cachées :

  • les alinéas
  • le mode plein écran
  • justifier un texte

Une interface qui reflète les stratégies d'écriture

Au-delà de ces fonctionnalités, nous avons pensé l'interface élève comme un reflet des stratégies d'écriture du programme. Chaque étape du parcours (consigne, ressources, brouillon, amélioration, correction, validation) correspond à une étape réelle du travail d'écriture, et chaque onglet est associé à une couleur dédiée. L'objectif est que chaque élève développe, grâce au numérique, des automatismes qu'il pourra réinvestir dans toutes les situations d'écriture.

Pourquoi des onglets sur le côté ?

Lors des tests de positionnement de début de 6ᵉ, Alix s'est aperçue qu'une partie de ses élèves ne savait pas comment fonctionnaient les onglets : ils appuyaient sur l'écran au lieu d'utiliser la souris.

Nous avons donc choisi d'ajouter des onglets et de permettre aux élèves d'explorer par eux-mêmes les possibilités de l'interface.

Les options d'accessibilité à explorer

Dans cette perspective, nous avons également ajouté de nombreuses options d'accessibilité dans l'espace élève - librement accessibles et modifiables par les élèves eux-mêmes, et sauvegardées pour s'appliquer à l'ensemble de leur travail ultérieur.

Il nous a semblé important de laisser ces options accessibles. Si certains élèves peuvent commencer à jouer avec, c'est aussi une façon de comprendre qu'il existe de nombreux aménagements possibles et de potentiellement découvrir une configuration qui rendra plus facile la lecture des consignes ou de son propre texte.


À travers ces différentes réflexions et l'interface d'Écrivor, nous cherchons à développer les compétences numériques des élèves. Nous mettrons prochainement en place d'autres outils en ce sens - notamment l'écriture collaborative (dès septembre 2026), qui permettra aux élèves d'écrire à plusieurs sur un même texte, avec un chat intégré.

Comme toujours, si vous avez des idées ou des suggestions, n'hésitez pas à nous les envoyer : c'est grâce à elles que nous avons construit Écrivor et la majorité de ses fonctionnalités.

À très vite, Alix & Thomas